Bien chères sœurs,

Le CG XXIII nous a interrogées sur la façon dont nous nous situons dans la culture de la communication. Du point de vue de réseaux des relations, la communication nous met en mouvement, de sortie, d'engagement et de recherche, de cohérence et témoignage de la Bonne Nouvelle, de la présence de Jésus. Il se donne Lui-même, il se communique à nous. Aujourd’hui, plus que jamais, nous sommes invitées à regarder la communication comme une opportunité qui demande un changement continu de mentalité. C’est une invitation à accueillir les nouveaux défis de communication comme une possibilité de se mettre en rapport avec le cœur de la culture d'aujourd'hui, avec les cœurs des sœurs, avec le cœur des jeunes et, avec eux, toucher le mystère de la communication de Dieu.

               Notre mission est celle d'être au service d'une communication qui fait grandir toutes les personnes en humanité: cela implique de rendre possible le dialogue, de favoriser la relations comme espace de croissance réciproque. Le Système préventif, considéré du point de vue communicatif, est plein de contenus humanistiques par lequel Dieu communique la beauté de sa bonté et sa miséricorde. Nous sommes appelées à témoigner un idéal de communion fraternelle entre nous à travers le service de la communication.

Pour illustrer tout cela la petite histoire du Philosophe Socrate pourra nous aider.

On raconte qu’un jour, quelqu'un vint trouver Socrate, un philosophe de la Grèce antique pour lui dire : Dieu nous appelle à être des avocats de la défense, et non de l'accusation. Sais-tu ce que je viens d'apprendre sur ton ami ?
- Un instant, répondit Socrate. Ce que tu as à me dire, l'as-tu fait passer par les trois passoires ?
- Les trois passoires ?
- Mais oui, reprit Socrate. Avant de raconter toutes sortes de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l'on aimerait dire. La première passoire est celle de la vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me raconter est vrai ?
- Non, pas vraiment. Je n'ai pas vu la chose moi-même, je l'ai seulement entendue dire…
- Très bien ! Tu ne sais donc pas si c'est la vérité. Essayons maintenant de filtrer autrement, en utilisant une deuxième passoire, celle de la bonté. Ce que tu veux m'apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bien ?
- Ah non ! Au contraire ! J'ai entendu dire que ton ami avait très mal agi.
- Donc, continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n'es pas sûr qu'elles soient vraies. Ce n'est pas très prometteur ! Il reste encore une passoire, celle de l'utilité.
Est-il utile que tu m'apprennes ce que mon ami aurait fait ?
- Utile ? Non pas réellement, je ne crois pas que ce soit utile…
- Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n'est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire ? Je ne veux rien savoir et, de ton côté, tu ferais mieux d'oublier tout cela.
Il est tellement facile de juger une situation d'un point de vue extérieur. Nous chrétiens, sommes enclins au jugement et à la critique, sans comprendre que nous faisons parfois l'œuvre de l'ennemi.
Je crois que Dieu nous appelle à être des avocats de la défense, et non de l'accusation. Satan est l'accusateur des frères. Jésus, quant à lui, est notre avocat auprès du Père ! Soyons comme Jésus !

Sr Bernadette Chongo

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